Culture

La promesse de l’aube

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours »

La promesse de l’aube est une adaptation de l’œuvre éponyme de Romain Gary portée à l’écran par Eric Barbier avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux.

Romain Kacew vit en Pologne avec sa mère, une ancienne actrice russe qui a dû fuir le pays à cause de ses convictions religieuses juives. Pendant un temps, ils vivent confortablement grâce à la maison de haute couture que tient la maman, Nina Kacew. C’est alors une période prospère pour Romain qui, selon les désirs de sa mère, se tente à plein d’activités artistiques telles que la musique et l’écriture.

Nina Kacew a de grandes ambitions pour son fils et elle raconte à qui veut l’entendre (ou pas, d’ailleurs) qu’il sera ambassadeur, un grand écrivain et un héro de la guerre.

Suite à la faillite de l’entreprise de couture, Nina et Romain quitte Wilno pour Nice. Bien qu’ils n’aient plus le sou en poche, Nina trouve vite du travail auprès d’un antiquaire ce qui l’amène à devenir gérante d’un petit hôtel.

Le changement de décor ne terni pas pour autant l’ambition de Nina pour Romain. Même quand ce dernier part étudier le droit à Paris, même quand il a sa première histoire publié dans un journal, même quand il rentre dans l’armée. Nina en veut toujours plus. Romain doit être le meilleur. Le plus grand. Que ce soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse. Il doit faire souffrir les femmes, il faut qu’elles l’adulent.

Bien que cette relation soit toxique par moment, Eric Barbier arrive à nous montrer sa complexité. L’ambition de Nina est un moteur pour Romain. Peut-être aurait-il rêvé d’être un simple peintre et tant pis si ça lui coûtait que de n’être pas connu de son vivant. La ligne est mince entre ce qu’il souhaite vraiment et ce qu’il a intégré.

Cette ambition le bouffe, l’anime, le ronge et le maintient en vie. Même lorsqu’il combat dans l’armée et qu’il croit ses jours comptés.

Dès le début, on est pris dans cette histoire, dans cette relation. Nina ne vit que pour Romain. Elle ne s’intéresse qu’à lui, au point d’en abîmer sa santé. Alors bien sûr, cela est étouffant, on a bien envie de lui crier « Mais fous lui la paix à la fin ! » mais, on ne le fait pas.

On observe, silencieux et sans défense, ses liens quasi sacrés. Cet indéniable poids de l’ambition d’une mère qui rêve trop grand. Cette pression subie par un enfant qui n’en demandait pas temps.

Ce que Nina veut, Romain le réalise même si cela implique que tout deux seront d’éternels insatisfaits.

Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg sont magiques. Ils te délivrent cette vérité, cette relation avec brio et émotion. Un jeu à fleur de peaux qui te donnent des frissons. Mais, sans être lourd, ni plombant. Non, le scénario te permet de respirer avec de petites touches d’humour.

J’ai adoré ce film et mon âme de meuf émotive n’a pu retenir ses larmes. J’en garde encore l’émotion quelques jours après.

J’ai très envie de lire le livre maintenant.

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